Sur ce coup là, la mémoire, est une
fois de plus, un précieux repère. Il est question du casse
des locaux d’une sous-préfecture par les Conti. En
tournant les pages de « Longwy 1979 »
une rétrospective du combat des sidérurgistes du Pays-Haut Lorrain,
je lis : 8 février 1979 : invasion musclée à la
sous-préfecture de Briey, laquelle est mise à sac par une
action commando cédétiste dûment préméditée et non du substrat
d’une colère spontanée. Il y en eût d’autres, tout
aussi concertées, au commissariat, dans les banques, à
l’UIMM, au Tribunal d’Instance, à l’Hôtel des
Impôts… à tel point qu’aucune institution
n’échappa au massacre, aux ordures durant ces quelques mois
de la fureur ouvrière…
Et qu’est-ce
qu’on disait à l’époque ? La
confédération CGT : « Il faut laisser exprimer la
colère des travailleurs ». La CFDT à l’origine des
commandos : « C’est la part du feu ».
René Boudot, une conscience chrétienne du bassin :
« Abandonner la lutte parce qu’on ne veut pas
comprendre la violence c’est sacrifier l’honnêteté de
justes cause et prêter par là même son appui à
l’injustice ». Un message du docteur Délivré
« Le blindage de surface cachait une affectivité
prépondérante. Extériorisée pouvait se transformer en
violence » … « Des flammes apparaissaient à la
sous-préfecture, dans le lointain, on entendit la sirène des
pompiers ; C’était impressionnant ce feu qui gagnait de
place en place… J’attendais avec impatience le journal
du lendemain, je ne fus pas déçu le sujet était minoré :
traité en locale en quarante lignes. Le texte était neutre.
On avait joué la carte de
l’apaisement » témoignage de journaliste.
Qu’est ce qu’il y a eu de changé
depuis : Hier, une audience à 20 % du parti
communiste principal soutien des combats. Aujourd’hui une
sorte de débandade sociale chacun rugissant dans son coin à
l’abri de la solidarité du... "TOUS ENSEMBLE OUAIS".
Les exclus du labeur usinier ne sont plus représentés.
Qui a dit : Que vous
soyez grands ou misérables, les juges vous rendront blancs ou
noirs ?
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